Les usages de l’IA se multiplient et prennent de l’ampleur. Des outils grand public d’IA générative sont utilisés couramment dans la vie professionnelle, parfois sans discernement. Parallèlement les entreprises déploient des IA spécialisées dans divers domaines : conception, simulation, CRM, maintenance prédictive, documentation technique et juridique …
Dans nos métiers liés au bâtiment, cette évolution s’accélère et les entreprises se préparent à y faire face ou à “profiter” des progrès opérationnels induits par les technologies IA.
Dans l’industrie, ce changement a commencé il y a plus de vingt ans avec l’arrivée du machine learning. Elle est allée s’accélérant et prend depuis 2023 l’allure d’une révolution. Des secteurs entiers réinventent leur façons de concevoir, d’organiser la production, de gérer les hommes et les machines.
Pourtant l’IA est intégrée au travail. Dans certains secteurs comme la défense ou l’automobile, elle devient une composante essentielle des produits et équipements.
Pour tout le personnel notamment technique de nos entreprises, l’impact de ce développement sur le travail reste aujourd’hui mal évalué. Or ces équipes d’études et de production sont au premières loges de la révolution en cours : l’expérience qu’ils en font, l’intelligence qu’ils en ont méritent d’être mises en valeur dans le débat public. Ils sont à la fois des utilisateurs, parfois experts de systèmes d’IA, des prescripteurs, des usagers, et certains d’entre eux sont engagés dans la conception ou l’entraînement de ces systèmes.
Les effets sur l’emploi sont potentiellement massifs sur certains profils particuliers. A l’inverse dans un secteur comme le BTP qui peine à recruter dans notre pays et qui, au niveau mondial connaît un véritable déficit de compétences, l’IA apparaît comme une ressource inespérée !
Nous considérons que les compétences clés, celles qui sont au fondement des identités professionnelles des techniciens supérieurs ou ingénieurs dans leurs différentes spécialités sectorielles, ne sont pas menacées par l’essor rapide de l’IA. Bien au contraire, elles peuvent se déployer plus librement : l’idée du “travail augmenté” en rapport avec “l’intelligence augmentée” est très visible dans les métiers de haute technicité.
L’IA les libère des tâches bureaucratiques et leur permet de se concentrer sur l’essentiel. Mais elle bouscule aussi le cœur du métier. La nature du travail change rapidement et la palette des compétences évolue : entre celles qui faudra acquérir et celles dont la pertinence s’efface rapidement, un grand remue-ménage est en cours, qui se joue à la fois à l’échelle industrielle, à celle des équipes, à celle des entreprises.
Le long terme étudié par la prospective est hors de portée dans un domaine où chaque trimestre apporte son lot de percées et de ruptures. Mais dans cet environnement mouvant, il est possible de trouver prise et d’accueillir le changement en étant préparé à en tirer le meilleur.
