Invent & Positive : Brèves réflexions « micro-macro » économiques

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Nous sommes entrés désormais dans une ère où il convient de déchiffrer la nouvelle donne économique entre ralentissement, incertitude et résilience !

Bien sûr, il y a des risques mais aussi des opportunités dans ce nouvel ordre économique : la croissance mondiale n’a pas déraillé mais elle a quitté “l’autoroute”. Les chefs d’entreprise doivent désormais s’adapter à une route plus escarpée, marquée par des virages géopolitiques et une visibilité réduite pour la conduite des affaires…

Nous constatons également les ressorts d’un changement de régime : fin d’un cycle de sur-performance américaine, inertie de l’Europe et retour du rôle de l’État comme amortisseur de crise. Dans ce contexte, le ralentissement actuel risque-t-il de se transformer en récession ? L’Europe a-t-elle encore les moyens de retrouver sa souveraineté dans les secteurs de l’énergie, de la technologie et de la défense ?
En fait, pour continuer sur la métaphore de la route, l’économie mondiale a quitté “l’autoroute de la croissance” du monde post-Covid pour s’engager sur “une route de montagne” exigeante…

Pour faire simple par rapport aux ressentis économiques de terrain, nous constatons deux ruptures majeures :

  • la montée de l’incertitude ;
  • les droits de douane.

Avec un environnement plus incertain, les entreprises vont plutôt en faire moins qu’en faire plus : moins embaucher, moins investir, moins produire.

Concernant les hausses tarifaires imposées par les États-Unis, cela bouleverse les équilibres commerciaux car personne n’est épargné !

Ces deux chocs que constituent l’incertitude structurelle et le protectionnisme américain marquent une rupture historique.

Ressentons-nous pour autant un risque de récession ?

Il semble que plusieurs éléments ou tendances expliquent que ce risque nous paraisse assez faible même si certains secteurs économiques vont particulièrement souffrir.

Premièrement, la résilience du marché de l’emploi : les entreprises n’embauchent plus mais elles ne licencient pas pour l’instant ; elles s’accrochent à leur main-d’œuvre.
Deuxièmement, la croissance salariale compense l’inflation : il semble également que le revenu réel reste positif.

Enfin, le soutien des politiques publiques permet de juguler le risque de crise : les dépenses publiques, bien que financées par la dette, jouent un rôle stabilisateur.
Par ailleurs, on observe une reprise des investissements, notamment dans la défense, après une décennie plus calme.

Nous sommes passés d’un monde issu du multilatéralisme, fondé sur l’interdépendance, à un monde divisé, dans une logique de blocs.

Or, l’interdépendance est désormais considérée comme une vulnérabilité et reprendre sa souveraineté coûte cher car cela implique d’investir, d’où des tendances à l’endettement sur les technologies d’avenir notamment.

Au niveau des entreprises, face à la montée des rapports de force et à la fragmentation économique, nous nous devons d’être diversifiés et de mettre en place des lignes de défense adaptées.