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Plus que jamais, l’énergie est une affaire d’équilibre

Notre positionnement au cœur de la filière énergétique nous conduit à observer de près les différents enjeux qui caractérisent ce sujet déterminant pour l’avenir. 

La tâche n’est pas simple, l’énergie est un théâtre où les acteurs s’affrontent parfois en se réclamant de l’intérêt général et du bien commun mais où ils ne jouent que leur propre partition. 

L’Europe est seule: dédaignée par les États-Unis, elle subit une agression politique de la Russie et elle affronte une redoutable compétition menée par la Chine. Pour autant, très protégés par les boucliers et les redistributions, nos concitoyens continuent à penser qu’ils sont à l’abri. L’économie française va très moyennement et l’on réalise que sortir des énergies fossiles va demander beaucoup de temps et d’argent.  Il n’est pas facile de trouver son chemin et de faire entendre sa voix dans un concert d’opinions aussi sceptiques et discordantes.  Pourtant, pour la France et l’Europe, l’inaction n’est pas une option : il faut aider nos responsables publics à prendre les bonnes décisions, à retrouver de la cohérence et à convaincre nos citoyens de leur bien-fondé. 

Nous devons être capables de proposer des solutions pragmatiques, réalistes et immédiates, pour concilier décarbonation, compétitivité industrielle, souveraineté énergétique et justice sociale : garder la préoccupation climatique en toile de fond mais sans en faire un fardeau pour notre économie et les citoyens, utiliser rationnellement l’énergie sans considérer que la consommer est un péché. L’énergie est le moteur de la croissance et la croissance est indispensable à la transition vers des énergies décarbonées. 

Il faut redonner à la France de nouveaux avantages comparatifs comme ce fut le cas il y a  50 ans avec le lancement du programme nucléaire. La qualité de notre système électrique en est un, il faut le préserver, préparer le futur avec le renouvellement de notre parc nucléaire et poursuivre le développement des énergies renouvelables en l’adaptant soigneusement au rythme de la demande. Il est nécessaire de jouer à fond l’électrification des usages et de faire en sorte qu’elle soit un vecteur de modernisation de notre appareil industriel. Il faut renforcer nos réseaux et l’industrie, développer les flexibilités et le stockage, créer des zones d’électrification prioritaires pour accueillir les data centers et de nouveaux hubs de production. 

Il faut tracer une ligne claire pour le développement des voitures électriques, des camions électriques, de la pompe à chaleur et des radiateurs performants.

Il faut croire à la deuxième révolution électrique mais dans le même temps admettre que l’énergie est une affaire de temps long et que l’électricité ne répondra pas à tous les besoins. Il faut des molécules pour fabriquer des objets et des carburants liquides là où ils restent nécessaires et organiser les transitions. La géothermie, la biomasse, les biocarburants, le biogaz, les réseaux de chaleur renouvelables sont des solutions qui n’ont pas l’universalité de l’électricité mais qui sont à prendre en compte. Ne les négligeons pas, sans pour autant surestimer la place qu’elles pourront tenir. Plus que jamais l’énergie est une affaire d’équilibre. On entend souvent dire que l’on aura besoin de toutes les énergies : peut-être; mais il faut surtout donner à chacune la place qui lui revient.