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Plus de Sciences pour plus de progrès !

La France connaît depuis plusieurs années une pénurie de talents scientifiques que l’évolution de l’économie mondiale rend plus criante encore.

De l’IA à la défense, de la santé à l’environnement, notre réindustrialisation, notre sécurité économique et notre progrès exigent de la science

Même dans le cas d’une stagnation industrielle de notre pays, la pénurie que nous constatons déjà serait amenée à s’amplifier du simple fait des projections démographiques et de choix éducatifs effectués sans véritable pilotage. 

Sur le plan quantitatif, il nous manque chaque année quelque 100 000 scientifiques en plus des 130 000 techniciens et ingénieurs déjà formés. Mobiliser notre système éducatif à cet effet est une nécessité, à l’instar de ce que font les pays d’innovation, dès le plus jeune âge et sur les 15 années de scolarisation. 

Sur le plan culturel, nos regards sur l’éducation doivent changer. Notre éducation nationale est restée ancrée dans ses réflexes institutionnels, faisant peu cas des réalités du monde du travail. La nécessaire professionnalisation des formations et leur proximité avec les bassins d’emplois ont trop souvent été relégués derrière des formations générales et longues créant des aspirations déçues tant du côté des étudiants que de celui des employeurs. 

La France forme trop peu de personnes aux métiers d’ingénieur, alors que les besoins de l’économie pour ces profils ne cessent de croître. Cette demande soutenue est portée par trois dynamiques requérant de manière prioritaire des compétences scientifiques : les ambitions de réindustrialisation, la transition écologique et la numérisation de l’économie – avec des besoins croissants en matière d’intelligence artificielle. 

Cette pénurie de profils scientifiques, déjà existante et amenée à s’amplifier si rien n’est fait, s’explique par plusieurs facteurs. Les tendances démographiques défavorables laissent déjà entrevoir une chute de 20% du nombre d’étudiants d’ici 15 ans, alors même que les viviers de recrutement actuels ne suffisent pas à fournir le nombre de candidats nécessaires. A cela s’ajoutent l’insuffisante orientation des lycéens vers les études scientifiques et un cloisonnement institutionnel freinant l’adaptation du système de formation à la rapidité des mutations technologiques. 

Pour répondre à l’impératif d’accroître nos capacités de formation aux métiers d’ingénieur, une mobilisation coordonnée entre les établissements scolaires et de l’enseignement supérieur, les académies, les entreprises et les collectivités locales est nécessaire. Il apparaît nécessaire d’accélérer 4 priorités : remettre à l’honneur les sciences et la culture scientifique dès le plus jeune âge pour susciter des vocations; diversifier les sources de recrutement des écoles d’ingénieurs et leur donner une réelle capacité d’expérimentation afin d’adapter les formations; aux mutations technologiques, notamment à l’intelligence artificielle ; rapprocher les cursus universitaires des besoins de l’économie en renforçant leur dimension professionnelle ; et revaloriser le métier de technicien, essentiel à l’industrie, pour mieux attirer et fidéliser ces profils. 

Dans nos entreprises à forte imprégnation technologique, ces mesures contribuent à gérer les ressources humaines en dynamique et en anticipation